Réponse extraite du podcast Propulsion d'Entreprise - Succès et Croissance Pour Les Entreprises de Services et Construction — écoute l'épisode complet ci-dessous.
Oui, affirme Mathieu. Les jeunes ouvriers veulent de plus en plus un environnement sécuritaire et refusent activement les pratiques dangereuses, même si elles sont présentées comme normales. Il a lui-même décliné des contrats où on lui demandait de travailler sans harnais, estimant qu'il était possible de travailler de façon sécuritaire.
Cette évolution reflète une rupture importante dans la culture du secteur. Où autrefois on acceptait les risques comme inévitables, les nouvelles générations posent des limites claires, comme Mathieu l'a expérimenté directement. Il a refusé plusieurs situations où on lui disait « vas-y pas attaché, c'est pas grave » — une expression révélatrice de l'approche encore trop courante dans certains petits chantiers.
Ce changement ne signifie pas pour autant que la sécurité n'existe que dans les grandes entreprises. Comme Mathieu l'explique dans l'épisode, les grandes compagnies doivent respecter la réglementation et ont des dossiers de sécurité formalisés. Mais la vraie différence, c'est que les jeunes ouvriers d'aujourd'hui refusent de négocier sur ce point, peu importe la taille de l'entreprise ou le prestige du contrat.
« Je ne suis pas ici pour me tuer, je suis ici pour travailler — on est capable de le faire sécuritairement. »
Mathieu — Consultant en ressources humaines et rétention d'employés. Après plus d'une décennie dans la construction, ayant traversé des chantiers résidentiels et commerciaux de 3 à 100 millions de dollars, Mathieu apporte son expérience de terrain à la gestion de la main-d'œuvre et aux stratégies de rétention, notamment dans un contexte où les conditions de sécurité jouent un rôle clé dans l'attraction des jeunes talents.
Pour les petites et moyennes entreprises du secteur, ce changement est un signal fort. Ignorer la sécurité n'est plus une option économique viable si l'objectif est d'attirer et de retenir des employés qualifiés. Les jeunes ouvriers qui ont le choix quitteront un chantier ou refuseront une offre si les normes ne sont pas respectées.
Comme le détaille Mathieu dans cet épisode, les grandes compagnies bénéficient d'un avantage structurel : elles ont les ressources et la conformité automatique. Les PME doivent donc considérer la sécurité non comme une contrainte réglementaire, mais comme un élément de marque employeur, une stratégie de rétention et d'attraction des talents dès le processus d'embauche.
Dans les petites entreprises, les conditions sont plus difficiles avec de longues heures et des rétributions parfois non respectées, tandis que les grandes entreprises doivent respecter la réglementation et offrent de meilleures conditions.
Les entrevues doivent être longues et approfondies, parfois deux heures ou plus, pour vérifier que la personne adhère réellement à la culture et aux valeurs de l'entreprise avant de l'engager.
La clé est de mettre en place des processus et des méthodes efficaces qui deviennent une routine, permettant aux individus d'être plus productifs et motivés sans subir de pression destructrice.