Comment bien déconnecter du travail
et recharger ses batteries pendant les vacances ?
19 min 06 sec
19 juillet 2023
Yes Oui Work
Mails, téléphone, notifications… Comment vraiment décrocher du boulot cet été pour récupérer pleinement et revenir en pleine forme à la rentrée ? Toutes les clés dans cet épisode estival.
Tout savoir sur la déconnexion du travail pendant les vacances
Comment vraiment déconnecter du travail pendant les vacances ?
La déconnexion du travail pendant les vacances est un processus actif qui nécessite une préparation en amont. Il ne s'agit pas de simplement poser ses congés et d'espérer que le cerveau "s'éteigne" tout seul. Voici les étapes clés :
Préparez votre départ : rédigez un passation de consignes clair, définissez un collègue de référence pour les urgences réelles, et configurez votre répondeur automatique.
Désactivez les notifications professionnelles : supprimez ou désactivez Slack, Teams, votre messagerie professionnelle et tout outil de travail de votre téléphone dès le premier jour de vacances.
Définissez une règle claire : par exemple, "je ne consulte pas mes mails professionnels pendant mes congés, sauf urgence absolue transmise par appel téléphonique uniquement".
Créez un rituel de coupure : une activité symbolique (une randonnée, un repas en famille, un bain de mer) qui marque mentalement la frontière entre le travail et les vacances.
Fixez un "re-entry day" : prévoyez un jour de transition avant la reprise pour lire vos mails et reprendre progressivement, sans être submérgé(e) le premier jour de travail.
La déconnexion réelle est une compétence que l'on peut développer. Elle commence par la conviction que s'absenter vraiment est bénéfique non seulement pour soi, mais aussi pour son équipe et son employeur sur le long terme.
Pourquoi est-il si difficile de ne plus penser au travail en vacances ?
La difficulté à ne plus penser au travail en vacances a plusieurs origines psychologiques et culturelles :
La culture de l'hyperconnexion : dans beaucoup d'entreprises, être disponible en permanence est valorisé, voire implicitement attendu. Cette norme crée une pression sociale à rester joignable.
La pensée intempestive (rumination) : le cerveau continue à traiter les problèmes non résolus en mode "veille". Des projets en cours, des conflits non gérés ou des tâches inachevées occupent automatiquement l'espace mental.
L'identité professionnelle forte : pour certaines personnes, le travail est une composante majeure de l'identité. Les vacances peuvent alors générer un sentiment de vide ou d'inutilité.
La peur de perdre le contrôle : la crainte que "tout s'effondre" en son absence pousse à surveiller les mails en permanence.
L'addiction aux notifications : chaque alerte génère un micro-pic de dopamine. L'absence de ces stimulations peut créer une forme de manque réel.
Reconnaître ces mécanismes est la première étape pour s'en affranchir et apprendre à savourer un repos authentique.
Quelles sont les meilleures stratégies pour recharger ses batteries pendant les vacances d'été ?
Recharger ses batteries ne se résume pas à "ne rien faire". La récupération est un processus actif qui engage différentes dimensions de la personne :
La récupération physique : dormir suffisamment (7 à 9 heures par nuit), bouger chaque jour (natation, marche, vélo), manger équilibré. Le corps est la fondation de l'énergie mentale.
La récupération cognitive : pratiquer des activités qui n'exigent pas d'effort de planification ni de résolution de problèmes — observer la nature, écouter de la musique, flâner sans objectif. Le cerveau se restaure dans la "rêverie dirigée".
La récupération émotionnelle : passer du temps de qualité avec des proches, partager des repas, rire, pratiquer des activités plaisantes. Le lien social est un puissant régulateur du système nerveux.
La récupération par le sens : lire un livre qui n'a rien à voir avec son métier, découvrir un endroit nouveau, apprendre quelque chose juste pour le plaisir. Cela nourrit la curiosité et l'enthousiasme.
La pleine conscience quotidienne : quelques minutes de respiration consciente ou de méditation permettent de consolider l'état de repos et de lutter contre le mind-wandering professionnel.
La clé est la diversité des activités de récupération. Alterner entre repos passif et activités douces maximise la restauration des ressources énergétiques.
Quels effets néfastes entraîne le fait de ne pas décrocher du travail pendant les vacances ?
Ne pas déconnecter du travail pendant ses congés a des conséquences documentées sur la santé et la performance professionnelle à moyen terme :
Épuisement professionnel progressif (burnout) : sans récupération suffisante, le stock d'énergie psychologique se vide progressivement. Le burnout s'installe souvent après plusieurs étés passés "à moitié en vacances".
Dégradation de la qualité du sommeil : la présence du téléphone et la stimulation cognitive permanente perturbent l'architecture du sommeil, en particulier les phases de sommeil profond et REM essentielles à la récupération.
Créativité et performance réduites à la rentrée : un cerveau qui n'a pas réellement récupéré revient au travail avec des capacités cognitives amoindries — concentration, prise de décision, créativité et empathie sont toutes impactées.
Tensions relationnelles : être constamment connecté au travail pendant les vacances génère des frustrations chez les proches et réduit la qualité des interactions familiales et amicales.
Sentiment de vacances "volées" : au retour, on a l'impression de ne pas avoir vraiment profité, ce qui amplifie la frustration et la fatigue plutôt que de les réduire.
Comment configurer son message d'absence professionnel efficacement avant les vacances ?
Un bon message d'absence automatique est la première ligne de défense contre les intrusions professionnelles pendant les vacances. Il doit être :
Clair et assertif : indiquez précisément vos dates d'absence et la date de retour. Évitez les formulations floues comme "je serai peu disponible".
Rassurant : mentionnez que les messages seront lus au retour, et que vous répondrez dès que possible. Cela libère l'expéditeur de l'anxiété d'attente.
Avec un contact alternatif : fournissez le nom et l'email d'un collègue pour les urgences réelles, en veillant à avoir convenu avec ce collègue de ce que constitue une vraie urgence.
Sans excuses excessives : prendre des congés est un droit légal. Le message doit être professionnel sans être excessivement apologétique.
Exemple de formulation efficace : "Je suis en congés du [date] au [date] et sans accès à ma messagerie professionnelle. Je répondrai à votre message à mon retour le [date]. Pour toute urgence, merci de contacter [prénom nom] à [email]."
Cette formulation claire réduit considérablement les relances et vous autorise psychologiquement à vraiment couper.
Quelle est la différence entre le droit à la déconnexion légal et la pratique réelle en entreprise ?
En France, le droit à la déconnexion a été introduit dans le Code du travail par la Loi Travail (loi El Khomri) de 2016. Il oblige les entreprises de plus de 50 salariés à négocier des règles encadrant l'utilisation des outils numériques en dehors des horaires de travail.
En théorie, ce droit protège les salariés de l'obligation implicite d'être disponibles en permanence, y compris pendant les congés. En pratique, les résultats sont très inégaux :
La culture d'entreprise prime souvent sur le cadre légal : dans beaucoup d'organisations, la disponibilité permanente reste implicitement valorisée, même en l'absence d'obligation formelle.
Le flou des urgences : l'absence de définition claire de ce qui constitue une "urgence" légitime crée une zone grise qui pousse les salariés à répondre à des sollicitations non urgentes.
Le management par l'exemple est déterminant : si les managers envoient eux-mêmes des emails pendant les vacances de leurs équipes, le message implicite est puissant.